Notice

  • Bibliomer n° : 46 - Juin 2009
  • Thème : 5 - Consommation et marchés
  • Sous-thème : 5 - 3 Consommation
  • Notice n° : 2009-4837

Les informations sur la santé importent-elles pour modifier la consommation ? Une expérience de terrain mesurant l'impact de l'information sur les risques liés à la consommation de poisson

Does Health Information Matter for Modifying Consumption ? A Field Experiment Measuring the Impact of Risk Information on Fish Consumption

Roosen J., Marette S., Blanchemanche S., Verger* P.

* Met@risk Unit of INRA - AgroParisTech - 16, rue Claude Bernard 75005 Paris ; Tél: + 33.1.44.08.18.18 ; E-mail : philippe.verger@paris.inra.fr

Review of Agricultural Economics, 2009, Vol. 31 (1), p. 2-20 - Texte en Anglais

Adresse internet : http://www.card.iastate.edu/publications/DBS/PDFFiles/06wp434.pdf


Analyse

Pour évaluer l'impact des informations relatives à la santé sur la consommation de poisson, un test à été réalisé en France. Le risque considéré dans cette étude est celui de la contamination au méthylmercure, substance neurotoxique concentrée dans les poissons prédateurs et responsable de retard du développement neurologique chez l'enfant.
L'expérience a été réalisée en Loire-Atlantique, Nantes et ses environs, elle a impliqué 206 ménages ayant au moins un enfant de moins de 15 ans ; durant plus de cinq mois, de mai à septembre 2005.
La consommation de poisson de tous les individus de ces ménages a été suivie et analysée statistiquement eu utilisant un groupe témoin. Le groupe test a reçu 4 messages basés sur des informations et recommandations de consommation de poisson délivrés dans d'autres pays :
1) présentation du risque méthylmercure et du bénéfice oméga-3 liés à la consommation des produits de la mer,
2) " limiter sa consommation de poisson à 2 repas par semaine à l'exception des espèces citées au point 4) ,
3) " limiter sa consommation de grenadier, lingue, saumonette, roussette et thon en conserve (de 0,2 à 0,4 mg de mercure/kg) à 1 fois par semaine, et
4) " ne pas consommer du thon frais, marlin, espadon, requin et mérou (plus 0,4 mg de mercure/kg) ".
Ces recommandations ont conduit à une diminution relativement faible mais statistiquement significative de la consommation de poisson. La consommation des poissons les plus contaminés n'a pas diminué malgré les conseils de non consommation.
L'accompagnement des questionnaires montre que les consommateurs se rappellent imparfaitement les espèces de poisson citées dans les messages transmis. Les résultats suggèrent une faible efficacité d'un message de santé complexe, malgré son utilisation par plusieurs agences nationales de santé.
L'article met en exergue la difficulté de transmettre un message général, destiné à l'ensemble des consommateurs de la planète. Les informations données concernent tous les poissons du globe ayant un taux de mercure élevé, ceux qui sont situés biologiquement en fin de chaîne alimentaire. Toutefois la consommation de poissons est très variable d'un pays à l'autre.
A l'intérieur d'un même pays, des différences notables existent entre les régions côtières et celles éloignées de la mer, d'où la difficulté dans l'expérience à prendre en compte un message concernant certains poissons pas ou peu consommés localement ; cela explique le fait que de nombreuses espèces n'ont pas été mémorisées.
Un autre point important à considérer est l'appellation du poisson, ici le vocable thon, bien connu et mémorisé, désigne toutes les espèces de thonidés, autrement dit des espèces très différentes allant du thon germon (Thunnus alalunga), un thon blanc, de petite taille (inférieure à 1 m, moins de 10 kg) au thon rouge (Thunnus thynnus) pouvant peser jusqu'à quelques centaines de kilos.
Cette étude montre les limites de la diffusion d'informations liées à la consommation de poisson de manière générale. Pour espérer avoir un réel impact il serait sans doute préférable d'utiliser des messages plus ciblés, reste à savoir si cette approche est pratiquement utilisable étant donné la diversité (espèces et niveau de contamination) des produits de la mer mis en marché.
Voir aussi les notices Bibliomer n° 2009-4727, n° 2008-4528 et n° 2007-4175 sur le même sujet.
Analyse réalisée par : Etienne M. / IFREMER


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