Notice

  • Bibliomer n° : 36 - Décembre 2006
  • Thème : 3 - Qualité
  • Sous-thème : 3 - 2 Nutrition
  • Notice n° : 2006-3787

Les salmonidés d'élevage sont une excellente source d'acides gras oméga-3 et contiennent très peu de résidus de contaminants environnementaux

Morin R.

Direction de l'innovation et des technologies, MAPAQ

Le bulletin de l'Association des aquaculteurs du Québec, 2005-03, Vol. 10 (2), p. 3-10

Adresse internet : http://www.dfo-mpo.gc.ca/aquaculture/ref/morin_aaq-fra.htm


Analyse

L'article synthétise une étude québécoise sur la qualité et l'innocuité des salmonidés d'élevage. Les travaux ont été réalisés en 2003-2004 par l'Unité de Recherche en santé publique, l'Institut National de santé publique du Québec et le MAPAQ (Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec), suite à la diffusion de recherches très médiatisées dont les résultats avaient été interprétés de façon controversée.
Les bénéfices et les principaux risques pour les consommateurs ont été étudiés. La composition en acides gras a été déterminée ainsi que les teneurs en PCB, en dioxines, en furannes et en mercure dans la chair de saumons atlantiques et de truites arc-en-ciel, sauvages et d'élevage. Des mesures des résidus de pesticides, de plomb et de cadmium ont également été effectuées sur les produits aquacoles. Les échantillons de saumon et de truite ont été collectés dans des supermarchés de différentes régions du Québec ; les échantillons de poissons sauvages ont quant à eux été obtenus auprès des pêcheurs de la Gaspésie.
Les résultats montrent que la teneur en lipides est près de 6 fois plus élevée dans la chair de truite d'élevage (5,6 g/100 g) que dans la truite sauvage. Par contre, des teneurs pratiquement identiques ont été obtenues sur le saumon sauvage et sur le saumon d'élevage (~7 g/100 g). Ces résultats sont, en effet, contradictoires avec ceux de nombreuses autres études dans lesquelles le saumon d'élevage apparaît plus gras (en moyenne 2 fois plus) que le saumon sauvage, étant donné son niveau d'activité plus faible et l'abondance de nourriture. Plusieurs hypothèses expliquent ces résultats mais les informations nécessaires pour les vérifier ne sont pas présentes dans l'article. Les facteurs de variation de la teneur en lipides des saumons sauvages sont, en effet, nombreux : la saison, mais aussi, la taille, le sexe, la partie analysée, la zone de pêche... De plus, la taille de l'échantillon est relativement restreinte. De même, des conditions d'élevage rigoureuses et bien maîtrisées permettent de réduire la teneur en lipides des saumons d'aquaculture.
La composition en acides gras semble très similaire dans les deux produits d'élevage, les deux espèces étant nourries avec un aliment de même composition. Par contre, des différences importantes sont observées entre les congénères d'élevage et sauvages d'une même espèce et entre les espèces. Les teneurs en AGPI (acides gras poly-insaturés) sont plus importantes chez la truite sauvage que chez la truite d'élevage; l'inverse est observé chez le saumon alors que, pour celui-ci, les pourcentages en EPA et DHA sont équivalentes entre sauvage et élevage (20 % des acides gras totaux) et que le pourcentage d'oméga 6 est supérieur dans le saumon d'élevage.
En ce qui concerne les contaminants, les concentrations observées sont faibles, quelle que soit l'espèce ou l'origine (élevage/sauvage) :
- teneurs en PCB de 0,014 à 0,039 mg/kg
. Norme québécoise : < 2 mg/kg
. Norme européenne : somme des dioxines, furannes et PCB type dioxines < 8.10-3 mg/kg
- teneurs en dioxines de 0,15.10-3 à 0,48.10-3 mg/kg
. Norme québécoise : <15.10-3 mg/kg
. Norme européenne : somme des dioxines, furannes < 4.10-3 mg OMS-PCDD-F-TEQ / kg de poids frais
- teneurs en mercure de 0,056 à 0,090 mg/kg
. Normes québécoise et européenne : <0,5 mg/kg
- Aucune trace de pesticides (180 molécules testées)
- 2 échantillons avec des teneurs en plomb décelables
. Norme européenne : < 0,2 mg/kg
- traces de cadmium dans quelques échantillons : 0,02 à 0,04 mg/kg
. Norme européenne : <0,05 mg/kg
Les résultats obtenus sont cohérents avec ceux trouvés dans d'autres études.es pourcentages de la valeur toxicologique de référence canadienne (VTR) en fonction de la fréquence de consommation des poissons ont ensuite été étudiés pour les PCB, les dioxines, les furannes et le mercure. Même lorsque 7 repas par semaine avec 180 g de truite arc-en-ciel ou de saumon sont consommés, les VTR ne sont jamais atteintes (maximum de 40 % de la VTR pour les PCB). Alors que la consommation d'une portion de 180 g de truite ou de saumon fournit l'apport quotidien en EPA et DHA recommandé au Canada (500 à 1 000 mg/j suivant les personnes).
Les auteurs concluent donc que les résultats obtenus permettent d'encourager la consommation de salmonidés d'élevage auprès des québécois.
N.B. La commission européenne recommande la réduction des limites autorisées pour la somme des dioxines, des furannes et des PCB de type dioxines à 3 pg/g (3.10-3 mg/kg).
Analyse réalisée par : Kolypczuk L. / IFREMER


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